NON, L’ACCOUCHEMENT PAR CÉSARIENNE N’EST PAS UN SOUS ACCOUCHEMENT !

25 septembre 2018Greedy Sophie
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Il y a quelques temps, je suis allée boire un verre avec des amies et leur avouais que j’avais déjà envie d’un deuxième bébé… sans même avoir le temps de dire « bon quand même on va attendre hein ». L’une d’elles m’a dit « Ah mais c’est normal que tu dises ça, tu n’as pas eu un accouchement normal !  Tu as eu une césarienne c’est beaucoup plus facile ». Je pense qu’elle n’a pas du tout compris à quel point cette réflexion m’a mise hors de moi, même pas vis à vis d’elle mais vis à vis de la société qui banalise la césarienne et fait croire que c’est un accouchement plus facile, pas « normal », pas douloureux… une formalité quoi…

Je ne lui en veux pas car, comme pour beaucoup de choses, il faut les vivre pour les comprendre. Et puis je dois bien avouer que moi-même avant de le vivre, je croyais que la césarienne c’était easy peasy.

Pour faire court, mon bébé était en siège et mon bassin trop petit pour tenter l’accouchement voie basse. Après un échec de VME, la césarienne était donc la seule solution possible. J’étais finalement soulagée car je ne me sentais pas de tenter la voie basse en siège.

Bien sûr, mon rêve était d’avoir un accouchement par voie basse si bébé avait été en bonne position mais la vie en a décidé autrement. J’espère que pour ma prochaine grossesse je pourrai vivre un accouchement classique. Bref, je m’éloigne un peu du sujet.

Je veux vous parler de deux aspects à la césarienne : l’aspect physique, tangible mais aussi l’aspect psychologique, dont on parle peu finalement.

 

L’aspect physique…

La césarienne est avant tout un acte chirurgical. Vous êtes dans un bloc, entourée de nombreux médecins anesthésistes, internes et élèves également pour ma part … rien de très intime ni de chaleureux.

Contrairement à ce que l’on croit, la césarienne procure une douleur physique. Oui on vous endort la partie basse mais on sent qu’on nous ouvre et qu’on nous arrache quelque chose du corps. Ce n’est pas vraiment une douleur mais on ne peut s’empêcher d’hurler, c’est assez bestial finalement, on ne peut pas dire que ce soit un moment de plaisir. Je crois que mon mari n’oubliera jamais mes cris, désolée chéri !

Physiquement, on vous ouvre sur 3 couches de peau puis l’utérus, vous avez une cicatrice d’une bonne dizaine de centimètres. Personnellement, je ne suis pas chochotte mais pendant 3 jours je n’ai quasiment pas pu me lever. Chaque tentative était une épreuve absolue, changer ma fille quasiment impossible… si bien que c’est mon mari qui a fait tous les premiers soins.

Dur dur pour une toute jeune maman. On n’y pense pas mais du coup cette douleur rend bien plus difficile plein de gestes normaux comment simplement porter votre bébé, le mettre dans le berceau en étant dans votre lit d’hôpital ou même certaines positions d’allaitement. Bien sur tout ça s’ajoute à la douleurs des fameuses tranchées …

J’ai ressenti une douleur au niveau de la cicatrice pendant 3 gros mois. Impossible de porter des choses plus lourdes que son bébé dans les 6 premières semaines, très pratique avec un cosy ou une poussette par exemple.

L’aspect psychologique…

Psychologiquement ce n’est pas non plus une mince affaire. Dans mon cas : celui de la césarienne programmée, je n’ai pas eu les contractions de travail, bébé n’a pas montré quand il voulait venir au monde … je trouve ça un peu triste de forcer la chose.

Mais c’est surtout que, quand on m’a présenté mon bébé, la première chose que j’ai dite a été « c’est mon bébé ça ? » (en pleurant d’émotion bien sûr). En fait je n’ai pas senti mon bébé parcourir les voies naturelles, je n’ai pas souffert pendant les heures de travail, je n’ai pas fait tous les exercices appris pendant des mois avec la sage femme …

Après la naissance du bébé, il part avec papa en peau à peau. Ma fille allait bien j’ai donc eu la chance de la voir pendant quelques secondes. Après son départ, pendant 2 heures j’ai été seule, à me faire recoudre puis en salle de réveil à attendre que mon bébé me revienne.

Il m’a fallu quelques longs jours avant de réaliser que oui, c’était bien mon bébé, celui qui a grandi pendant 8 mois et demi dans mon ventre. D’ailleurs pour la petite anecdote, à la maternité j’ai dit plusieurs fois à ma fille « regarde tata Sophie » … « euh maman ! ».

Chaque accouchement est différent et présente ses difficultés. Je ne me plains absolument pas du mien, mais ce billet à pour but d’essayer de « dé-banaliser » cet acte. Non, un accouchement en césarienne n’est pas plus simple, moins douloureux ou moins contraignant qu’un accouchement voie basse ! Ils sont juste différents.

Enfin bon, dans tous les cas, n’oublions pas que ce qui compte le plus c’est que votre bébé et vous-mêmes soyez en bonne santé, voie basse ou césarienne, peu importe finalement.

N’hésitez pas à me partager votre avis, vos histoires, votre vécu en commentaire !

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